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7. Repas de Roi ... et de manant
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7. Repas de Roi ... et de manant

Publié le mercredi 27 septembre 2006.


A l’époque du Roy Soleil


Louis XIV entamait frugalement la journée, à peine un bouillon ou une tisane de sauge ! Mais cela ne durait guère. Doué d’un féroce appétit, c’est avec joie que le Roi voyait arriver 13 heure, l’heure du repas, d’un vrai repas.
Potage : 2 vieux chapons, 4 perdrix et des légumes.
Entrées : Elles étaient nombreuses et principalement composées de volaille, pigeons, poulets, chapons, perdrix, dindons sans oublier un quartier de veau de 20 livres, le tout relevé de truffes et aromates divers.
Le plat principal comprenait deux chapons gras, neuf poulets, neuf pigeons, deux jeunes chapons, six perdrix et quatre tourtes.
Sur la table, on trouve aussi quelques saucisses et boudins blancs, du riz et des salades de volailles diverses.
Le dessert était principalement composé de fruit, de confitures et de compotes.
Le souper, servi vers 22 heure, était en tout point semblable au niveau de la quantité de viandes servies.
Mais pour la nuit le Roi disposait de quelques réserves ; sait-on jamais si une petite faim …
Trois pains, deux flacons de vin et une carafe d’eau étaient disposés à portée de main.
Périodiquement venait le temps du Carême et de la pénitence.
Au lever, le Roi devait se contenter d’un "potage d’hygiène" composé d’un chapon, de 4 livres de bœuf, de 4 livres de veau et de 4 livres de mouton. Cela permettait d’attendre le dîner dans un esprit de jeûne. Oh !, un dîner très allégé ; seulement une carpe accompagnée d’un cent d’écrevisses, de 2 potages, de 2 tortues, de quelques soles, d’un grand brochet, d’huîtres, de vives et d’un demi-saumon. Le souper était à l’image du dîner.
Je ne pense pas que le Roi, même si son appétit était prodigieux au dire de son médecin le Dr Fagon, ingurgitait tout. Il devait picorer de la pointe de son couteau (les fourchettes n’étaient pas encore choses courantes). Mes sources ne parlent pas de la boisson mais je crois savoir que les vins de champagne non moussant étaient fort prisés avant d’être détrônés par le bourgogne.

A coté de cette débauche de nourriture à la cour, que mangeait le paysan moyen ?
L’aliment de base est le pain. Un adulte en consomme 3 livres (en gros 1,5 kg) par jour et un enfant de 5-6 ans, une livre. Il faut comprendre sous le vocable de « pain » non seulement le pain de seigle ou de blé tel que nous le connaissons mais aussi les galettes de maïs et de sarrasin ainsi que la bouillie de châtaignes cuites dans l’eau ou dans le lait suivant les moyens.
Le pain accompagnait la soupe obtenue à l’aide des légumes disponibles, poids secs, lentilles, fèves, etc. mais pas de pomme de terre pas encore introduite en France. Si on est un peu plus aisé on peut y ajouter un peu d’huile ou de graisse, voire une tranche de lard. En période de disette on remplaçait les légumes par des herbes sauvages, au risque de s’empoisonner.
Une tranche de pain était posée au fond de l’écuelle dans laquelle on versait la soupe : on trempait la soupe. Voilà l’essentiel de la nourriture.
La viande était rare ce qui provoquait un manque en graisses animales. Il y avait aussi carence en vitamines provoquant des maladies comme le scorbut, la pellagre ou le rachitisme.
En plus de l’eau, on boit du cidre ou du vin léger (piquette) car le vin de qualité est destiné à la vente.
En dehors des catastrophes climatiques la production de l’agriculture française suffisait amplement à nourrir les 22 millions d’habitants de l’époque ; on pouvait même exporter. Mais autour de 1700 la météo se montra fort capricieuse.
Je n’ai pas trouvé d’information relative aux basses classes de la ville. Je crains que son sort soit moins enviable que celui du paysan qui pouvait produire lui-même une partie de son alimentation.
Sources :
Les années misères (Larchiver)
Sire, votre chirurgien (Kufferath)
La vie des Françaises (Castelot)