Même si l'occupant était enfin chassé, les 4 années d'occupation avaient laissé des traces et généré des rancunes. Je n'ai trouvé qu'un seul cas avéré dans notre proche région, il s'agit de l'exécution d'un milicien près de la gare de Fosses. Mais il est certain que, dans un plus large rayon, il dut y avoir comme partout quelques femmes tondues pour avoir fréquenté de trop près l'occupant, quelques exécutions de collaborateur ou d'opposant politique.
Dans l'ancienne Seine et Oise, entre mai 1945 et mars 1946, la répression à la collaboration avec l’ennemi portait sur 3262 dossiers. 863 personnes sont remises en liberté, 2399 seront soumises à différentes peines et le montant des confiscations s'élèvera à 59.688.564fr. A cela s'ajouteront des amendes pour un montant de 78.904.115fr.
Un millier de personnes seront emprisonnées et le total des profils illicites est calculé à 138.592.679fr [1].
Le chef de la milice pour la Seine et Oise, le sieur Chopine, fut condamné à mort par la cour de justice de Versailles, la grâce qui lui fut accordée fut malencontreusement signalée par la Presse le 25/08/45.
Mais l'épuration comporte aussi une part moins glorieuse que je me contenterai d'illustrer par le début d'un article d'Historia de septembre 2004 :
"L'épuration sauvage se développe essentiellement en 1944 et 1945, dans le contexte insurrectionnel qui accompagne la Libération, tout à la fois nourrie des souffrances de la guerre et de la volonté d'infliger aux complices de l'occupant et aux agents du régime de Vichy des châtiments exemplaires. Mais derrière ces motivations en apparaissent d'autres, qui vont de la vengeance de clocher - de quartier - à l'élimination d'un concurrent politique, de l'humiliation publique d'une femme compromise dans la "collaboration horizontale" à la "liquidation" d'une personnalité de la France profonde, noble ou propriétaire terrien, vestige d'une forme moderne de féodalité".
[1] Caran : rapport des préfets cote F1cIII/1228