Versailles, aux environs du 12 août 1944.
Alors qu'on ne sait pas trop où se trouve "le front", et qu'on a assisté, dans les jours précédents, au passage dans la ville de troupes allemandes visiblement épuisées, dans des véhicules de fortune camouflés de branchages, le bruit se répand que le camp de Satory a été abandonné.
Aussitôt, mon frère enfourche son vélo, après m'avoir installé dans la remorque, et nous rejoignons quelques dizaines de jeunes gens rodant devant des baraquements qui manifestement viennent d'être vidés de leur contenu. Des tas d'objets ont été jetés sur la chaussée.
Nous escaladons la clôture et nous allons voir quand même à l'intérieur, avec le secret espoir de récupérer des armes. Il n'y en a pas, mais nous emportons: Des skis, (allez savoir ce qu'ils faisaient là, et à cette saison...) avec d'énormes chaussures adaptées à leurs fixations.... Et de grands rouleaux de papier sensible pour tirer des plans.
Tout à coup, un mauvais plaisant lance: Les SS, Voilà les SS !
J'ai très peur, car nous nous trouvons dans un cul-de-sac.
Nous déguerpissons, sans demander notre reste. Nul uniforme allemand n'entravera notre retour...