1832, année funeste. Non pas parce que ce fut l'année de la première réunion du Conseil municipal mais parce que ce fut l'année de "l'épidémie". Le printemps touchait à sa fin lorsque le choléra frappa.
Il y avait environ 160 habitants à Fosses à cette époque et en 5 jours on enregistra 14 décès. Dans la même famille, les Mignères, une fille décède le 25 juin, et, le 27, le père et une autre fille Dans la seconde partie du XIXème siècle Fosses semble se repeupler.
Les 169 habitants en 1840 donnent 9 naissances, 2 mariages et 2 décès dans l'année. En 1860 on arrive à 194 âmes, 229 en 1900 et enfin, en 1936, 1129.
C'est à partir de 1850 que l'on voit apparaître la profession de cressiculteur. La topologie se prête à merveille à cette culture car le cours de l'Ysieux n'était pas agencé comme actuellement.
La source, ou plutôt les sources de l'Ysieux, se situeraient au lieu dit Rocourt actuellement noyé dans le bassin de retenue créé récemment. Il y en aurait 3, la source du Bois Maillard, la source de l'Orme Ferré et la fontaine de Rocourt. Au début du siècle il y avait un lavoir à Rocourt et certains Marlysiens se rappellent encore des baignades de leur jeunesse, et ….. certains Fossatussiens se rappellent encore avoir épié ou surveillé ces gamins qui se baignaient tout nu dans le lavoir.
L'ancien lit de l'Ysieux était situé une centaine de mètres plus au Nord que le lit actuel. On en retrouve la trace le long du talus qui borde les jardins actuels. Le ru coulait donc vers l'ouest le long de ce talus pour recevoir à peu près au milieu des ces jardins les eaux provenant de la source des Abîmes.
Toute la partie plate située au fond de la vallée pouvait être facilement inondée pour peu qu'elle soit aménagée dans ce but, formant ainsi des bassins peu profonds propices à la culture du cresson. La cressonnière consistait en une fosse de 2 à 4 mètres de large et de 50 cm de profondeur, le fond étant en pente douce. Des engrais minéraux ayant été répandus sur le fond, on ensemence et on amène progressivement l'eau. La première récolte a lieue au bout d'environ 6 semaines et plusieurs récoltes dans l'année (Larousse).
Le fond de la vallée est toujours très humide et de petites sources jaillissent toujours périodiquement ça et là. Ceci s'explique par la nature du sous-sol. Les eaux de pluies qui tombent sur les plateaux de Fosses et de Marly traversent des couches perméables pour arriver sur une couche d'argile qui justement affleure dans le bas de la vallée. L'argile étant imperméable, l'eau coule sur la couche et ressort un peu partout. Une promenade rue de la source, sur Marly, permet d'observer ce phénomène.


 
La culture du cresson a duré presque un siècle mais nos relevés ne portent que sur 48 ans (seul les actes antérieurs à 1898 sont publics) et nous trouvons 12 fois la profession de cressiculteur. Fosses possède aussi une carrière mais on ne trouve de profession s'y rapportant que dans les actes postérieurs à 1823. C'est surtout dans la seconde partie du siècle que cette activité semble s'être développée. L'activité dut être grande car la profession de "carrier" vient en troisième position, elle est mentionnée 106 fois.
Nous n'avons trouvé à Fosses qu'un seul acte faisant allusion aux champignonnières.
Nous trouvons quelques renseignements sur le monde agricole dans un manuscrit datant de 1899. Ce manuscrit traite de Marly la Ville mais l'extrapolation sur Fosses doit être permise; de plus, je n'ai aucun autre document pour l'instant. Il est dit que les fermes élèvent peu de bétail, quelques chevaux, des bœufs de travail et des moutons. Les cultures sont céréales, betterave et la pomme de terre. Les terrains n'appartiennent pas aux fermes mais à l'Hospice.
 
Sources: Polycopies bibliothèque de Fosses
Histoire de France en 37 volumes ; éditions Tallandier.
Hérivaux, Notes historiques et archéologiques BNF, par MJ Depoin 1894
Manuscrit décrivant la commune de Marly la Ville ; 20 septembre 1899
Fosses vallée de l'Ysieux de R Guadagnin
Archives départementales du Val d'Oise
Dictionnaire historique de la ville de Paris et de ses environs par Hurtaud et Magny 1799. BNF
Remerciements :
Monsieur M. Duronsoy pour sa visite commentée de Marly-la-Ville et l'évocation de ses souvenirs.
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