Le maquis de Ronquerolles

lundi 9 novembre 2015
par  Jean

Le maquis de Ronquerolles

Ce maquis [1] , situé au nord du département le long de la nationale 1, agissait dans la région et une cellule se trouvait à Luzarches. Son activité a été intense lors de la libération.

Le 1er février 1944, Philippe Viannay se voit attribuer le commandement des FFI du Nord de la Seine-et-Oise. Philippe Viannay, qui n’avait jusqu’à présent agi que dans le domaine de la propagande et la fabrication de faux papiers, décide de créer un maquis en bordure de l’Oise. Il organise des petits groupes d’une quinzaine d’étudiants parisiens afin de perturber la retraite de l’ennemi. Il fait ainsi venir de Paris une centaine d’étudiants et prend contact avec les groupes FTP locaux existants, "An II","Patrie", ainsi qu’un groupe situé à Luzarches et qui était rattaché à Libération-Nord. Il reçoit aussi l’appui de quelques gendarmes.

Le maquis, qui couvre tout le nord de la Seine et Oise, est organisé en 3 secteurs, avec en particulier le secteur A dont le PC se trouve à Luzarches sous le commandement d’Edouard Laval puis de Jean-William Lapierre après l’arrestation du premier, le 15 juillet 1944.

Nourrir une centaine d’hommes, la plupart clandestins, n’est pas chose aisée. Quand l’aide apportée bénévolement par quelques fermiers ne suffit pas, il faut avoir recours aux réquisitions forcées.

Le second problème réside dans l’armement de ces hommes. Les armes sont rares et ceux qui en détiennent sont peu enclins à les partager. Philippe Viannay arrive cependant à en trouver en allant les chercher à la Ferté-Alais, puis jusqu’en Sologne. Ces transports sont risqués et, au troisième voyage, le camion est intercepté sur la route d’Orléans. Les convoyeurs, Carpentier, Girard et Deroux ; sont arrêtés, torturés puis déportés. Carpentier n’en reviendra pas.

Le 19 juin 1944, le groupe est éventé par l’ennemi et un fort groupe d’allemands commencent à encercler la forêt. Un accrochage se produit au cours duquel 17 résistants seront arrêtés. Onze seront fusillés à l’Isle Adam : Emile Brunet, Jean-Charles Fritz, Raymond Laurent, Lannelue, Yves Levallois, Pierre Meifreid-Devals, Pierre Mercier, Louis Pucinelli, Corentin Quideau, David Régnier et Jean Salmon. Deux autres seront déportés et le destin des 4 restants n’est pas précisé. Le groupe arrive à décrocher et à se reformer à Rosnes.

Il est difficile de déterminer à quel groupe, Viannay ou FTP, il faut attribuer les diverses actions qui se déroulèrent entre le 9 juin et le 20 août 1944.

Selon les directives du Plan vert, sept sabotages ont été perpétrés contre les lignes SNCF de Paris-Creil et Paris–L’Isle-Adam ; des crèves-pneus et des mines sont posés sur les routes ; la ligne téléphonique souterraine Paris-Berlin est coupée le 26 juillet (et ce n’est pas la seule) ; le 12 août 1944, un groupe, dirigé par le gendarme Manceau, détruit la passerelle de Conflans-Sainte-Honorine et le 18 août, le barrage de Méricourt et celui d’Andrésy sautent ; les bacs utilisés par les Allemands deviennent inutilisables par suite de la baisse du niveau des eaux.

Le 13 août les FFI font 2 prisonniers et les ramènent dans une de leurs bases, le village de Nerville. Ne pouvant garder les prisonniers il est décidé de les exécuter ; mais aucun maquisard n’ayant le courage de le faire, les 2 allemands sont relachés. Deux jours plus tard des troupes reviennent en nombre, perquisitionnent le village et trouvent les caches et les hommes. 18 personnes sont arrêtées dont 13 seront fusillés. Entre le 15 et le 31 août, Philippe Viannay apportera de précieux renseignements à l’armée américaine.

Le 18 mai 1947 le Lieutenant-Colonel Pastor rédige quelques observations au sujet du rapport Viannay. Il écrit que Viannay attribue à son groupe des actions qui ne sont pas les siennes. Une phrase résume son sentiment : "Philippe raconte des choses par ouï-dire et les raconte de travers" [2]. .


[1SHAT 13P136, rapport de Philippe Viannay

[2SHAT 13P136


Navigation