Résistants de la région

lundi 9 novembre 2015
par  Jean

Quelques personnages locaux

François Miginiac

30, rue Jean Jaurès à Fosses, Seine et Oise
Profession : entrepreneur
Né le 10/12/1902 à Rome de Lonzac (Corrèze)
Mort à Fosses le 4/01/1973
Maire de Fosses de mai 1934 à septembre 1939. Démis de ses fonctions comme communiste.

Période de la guerre :
Grade au 1er Juin 1940 : brigadier. Fait prisonnier le 14 juin 1940 à Mesnil/Auger (Marne), interné au stalag XIIC à Trèves, il est rapatrié comme malade le 18 janvier 1942. Après 3 opérations, il est démobilisé le 30 septembre 1942.
Occupation :
Recherché par la police il quitte la région avec son épouse et le secrétaire de Mairie pour se réfugier en Corrèze. Il sera arrêté et interné le 20 novembre 1942 à St Paul d’Eyfaux en tant qu’organisateur de la manifestation du 11 novembre au monument aux morts de Le Lonzac (Corrèze).

Résistance individuelle  :
Pseudonyme utilisé : Guy [1]
«  En liaison avec CHAMPSEIX Jean (commandant) ; libéré de ST Paul en avril 1943 pour raison de santé, mis en résidence forcée, passé dans l’illégalité fin Juin 1943 ; ai toujours maintenu ma liaison, organise la destruction de batteuses et bateleuses à Brergnac ( ?) et la région.
De janvier 1944 à avril 44 : organise le creusement de sape pour mettre les parachutages et assister à plusieurs, région de Le Lonzac en liaison avec un responsable de Tulle et de Chamboulive dont je ne me rappelle pas le nom.
Le 4 avril 1944 étant dénoncé, les Allemands sont venus pour m’arrêter au Bordas, ont incendié le château et la ferme, et ont arrêté ma femme, ayant réussi à m’enfuir.
Chargé en mai 44 comme commissionnaire aux effectifs d’organiser les légions avec Ravul 358 Cie à Le Lonzac et la région par CHAMPSEIX. Nommé le 5 juin 44 aux fonctions de maire de Lonzac jusqu’au rétablissement du maire en fonction.
Désigné comme permanent en août 44 aux milices patriotiques en vue de leur organisation dans les cantons de Tulle nord, Tulle sud, Argentat, La Roche Canillac, St Privat. J’ai été blessé par chute de moto sur la route de Servières le Château venant de St Privat, le 6 septembre 44, j’ai été ramené par l’ex-lieutenant Hector Dubois demeurant à Argentat que je venais de contacter, je me rendais à Servières le Château accomplir une mission. »
 [2]
Revient à Fosses en 1945 et redevient maire de mai 45 à mai 1953. Son entreprise de maçonnerie et son café ont été détruits par les allemands.

Attestations pour homologation :
MIGINIAC François, né le 10 novembre 1902 à Rome de Lonzac, demeurant à Fosses :
F.F.I. Corrèze sous les ordres du commandant CHAMPSEIX Jean ; le 06 septembre 1944 a été blessé en service commandé ; a servi dans les milices patriotiques [3]. jusqu’au 10 octobre 1944.

Déclaration faite à Bordeaux le 31/08/…. De C.A. DUCHE, pensionnable
«  Je soussigné, CHAMPSEIX Jean, président de la Fédération Départementale des Syndicats d’exploitants agricoles de la Corrèze, ex commandant du 1er bureau de la Subdivision de Tulle, certifie que Monsieur MIGINIAC François a appartenu aux formations F.F.I. de la Corrèze, par la suite il a été versé aux milices patriotiques. En foi de quoi je délivre le présent certificat.
Fait à Tulle le 18 mai 1948. »

Bulletin de convalescence, milice patriotique de Corrèze :
"Le permanent Miginiac s’étant cassé la jambe en service commandé et ayant été hospitalisé à l’hôpital de Tulle, on lui a accordé 60 jours de permission pour convalescence.
A Tulle le 26/10/44, le commandant départemental des milices patriotiques de Corrèze."

Au bas de l’homologation plusieurs signatures :
Avis favorable de la commission départementale pour la période de janvier 44 au 21/08/44.
Les membres : Cne Magnac FTPF ; Cne Thomas FTPF ; Cne Fieyre FTPF ; Cne Lacombe AS ; Lt Parthonnaud AS.

Kleinpeter

André Kleinpeter, né le 18/02/1912 à Viarmes, fut déporté par le dernier convoi parti du camp d’internement de Compiègne, le 18 août, arrivé à Buchenwald le 21 août 1944. Son décès est enregistré en date du 27/03/1945, peu avant la libération du camp qui eut lieu le 11 avril 45.

Aucune information sur son action ni sur son arrestation, mais il semble, d’après l’AERI, que M. Kleinpeter était responsable départemental du réseau Brutus, et qu’il fut arrêté par la Gestapo après avoir été attiré dans une souricière Place de la République à Paris.

Après la reconstitution de la fédération (socialiste) clandestine, en 1941, un congrès clandestin se réunit en 1943, désignant comme secrétaire fédéral l’instituteur André Kleinpeter dit Bertille, également responsable de Libé-nord pour la Seine-et-Oise nord et du réseau Brutus. Arrêté à la suite d’une trahison en juin 1944, il mourut à Buchenwald le 27 mars 1945.

Fouliouse

Né le 29 juin 1888 à Vrignes-au-Bois (arrondissement de Sedan) Ardennes, décédé à Buchenwald le 24 avril 1945. Habitant de Survilliers, il était Chef de service à la St Quentinoise, à Paris, (La St Quentinoise sera nationalisée et rentrera dans l’EDF/GDF). Gaston Fouliouse fut arrêté, sur dénonciation, à Survilliers pour acte de résistance le 28 juin 1944. Il fut détenu à Paris puis à Compiègne [4].

Il fut déporté par le convoi parti de la Gare de Pantin le 14 août 1944. Ce convoi, constitué de 1650 hommes extraits des prisons de Fresnes, du Cherche-Midi et de Romainville, et plus de 500 femmes, devait partir deux jours plus tôt. Il fut retardé par la grève des cheminots ainsi que par les sabotages intervenus à la Gare de l’Est, actions de la Résistance préfigurant le soulèvement parisien qui, quelques jours plus tard, devait libérer la capitale. Retardé encore par des dégâts matériels dus aux bombardements alliés à Nanteuil Saacy, par d’autres actions de la Résistance à Domans et Revigny puis par des tentatives de négociations menées par la Croix Rouge et par le consul de Suède Raoul Nording, ce convoi finira néanmoins par parvenir en Allemagne.

Les femmes furent dirigées vers Ravensbrück, les hommes vers Buchenwald. M. Fouliouse reçut le matricule 77 035 lors de son arrivée au camp, le 20 août 1944. [5]

Transféré au commando de Wansleben am See en septembre 1944 il est envoyé dans la société Mansfeld, près de Leipzig, pour apprendre à utiliser une machine outil [6].
.
Il revient à Wansleben le 11/10/1944 [7] . Le 10 avril 1945, devant l’avancée de l’armée américaine, le camp est évacué à pied36. Les personnes trop faibles restent sur place, Fouliouse en aurait fait parti36.
Le camp sera libéré le 14 ou le 15 avril, Fouliouse serait donc mort après la libération.

Il a été homologué Adjudant chef aux FFI [8] .

A Survilliers, son village, une rue, près de l’église, commémore son nom. Dans la rue de la gare, sa maison de fonction existe toujours et une plaque, régulièrement fleurie, rappelle son souvenir.

Les inconnus de la Chapelle

Extrait de l’Etat civil de La Chapelle en Serval :
Le 31 août 1944 au lieu dit « le Chenuet » une femme inconnue âgée de 20 ans environ, Mort remontant à 48 heures.
Taille 1,65 m, cheveux acajou, foulard rouge, tache couleur jaune au mollet gauche, balles de revolver au sein gauche et à la tête.

Le 29 août 1944 au lieu dit « le Chenuet », à 22 heure, est décédé suite blessures de guerre :
Auguste Dewaele, né le 19 février 1909 à Coudekerque, représentant, époux de Andréa Berthe Aubeau, domicilié 25, rue St Marc à Stains.
Mention additive du 26 février 1956 :
Sergent des FFI.
Mort pour la France.

Auguste Dewaele ( 1909-1944) (Sce Internet ville de Stains)
Son nom est attribué à une rue. Marié père d’un enfant, Auguste Dewaele exerce la profession de représentant. Il fait partie du mouvement « Ceux de la Résistance » avec le grade de sergent. Ayant pris position sur la route entre la Chapelle-en-Serval et Orry-la-Ville, il est tué par les Allemands le 29 août 1944. Avec lui, une jeune fille, dont le seul crime est de porter un foulard avec la croix de Lorraine, est assassinée. Une plaque commémorative est apposée au 25 rue Eugène Cas.
Source : Archives du musée de la Résistance de Champigny :
Auguste Dewaele a pris part aux combats de la libération de Stains. Avec 2 autres résistants il aurait été emmené vers Chantilly. Les 2 autres résistants ont été tués dans la forêt de Chantilly et la rédaction de l’acte de décès d’Auguste Dewaele laisse penser qu’il était encore vivant lors de sa découverte puisque l’heure de décès, 22 h, est précisée. D’après un habitant d’Orry-la-Ville, il aurait été interrogé durant son passage dans cette ville.

Il est possible de tenter une synthèse des 2 documents. Blessé à Stains il est emmené avec 2 autres résistants vers Chantilly. Son état s’aggravant, il est (sévèrement) interrogé à Orry et laissé mourant au "Chenuet". La jeune fille aurait été exécutée un peu plus loin puisque son corps n’est découvert que 2 jours plus tard. Mais ce n’est qu’une hypothèse [9] et je crains que la vérité reste inconnue.


[1SHD (Service Historique de la Défense) service de la résistance

[2Manuscrit de François Miginiac

[3Ne pas confondre avec la Milice. Les milices patriotiques se sont crées après la libération. Ce sont des groupement de résistant participants à l’épuration dite sauvage

[4Secrétariat Général aux Armées,(SGA) CAEN

[5Archives du camp de Buchenwald

[6Source Mr de Clercq, survivant de Wansleben et président de l’amicale des anciens de Wansleben

[7Archives de Buchenwald

[8SGA Caen

[9Compte tenu des souvenirs des habitants d’Orry


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