Le Château

lundi 16 novembre 2015
par  Jean

Qui dit seigneur dit château ! Il y en avait un figurant sur le plan de 1650, face à l’ancienne mairie. On dit qu’il fut détruit à la révolution sur l’ordre de Benjamin Constant qui débuta sa carrière politique comme maire de Luzarches. Il n’est pas certain que cette destruction soit entièrement l’œuvre des révolutionnaires car, sur un plan de 1779, [1]. le bâtiment semble déjà avoir perdu ses ailes. Malheureusement ce plan est trop schématique pour en être certain.

Le Château, sa ferme et son parc vers 1660


Il est possible de se faire une idée de l’importance de la seigneurie de Fosses grâce à l’acte [2] du 22 avril 1730 lors de la vente par Cousinet à Petit Trousseau de la Villonière.

Début de l’acte de vente du 22 avril 1730

Traduction partielle :
Furent présents Messire Jérôme-Gabriel Cousinet Seigneur de Fosse Conseiller du Roy Maître ordinaire en sa chambre des Comptes et dame Marie-Jeanne Poisson son épouse, de lui autorisée à l’effet des présentes, demeurant à Paris rue Simon Lefranc, paroisse St Médéric, lesquels ont vendu, cédé, quitté, transporté et délaissé par ces …………..à Mr Henry Petit, Chevalier, Seigneur de Trousseaux, Boistrait, la Villonière et autres lieux, demeurant à Paris rue de la Limace, paroisse St Germain l’Auxerrois, à ce présent et acceptant, acquéreur pour lui et ses ayant cause, le fief, terre et Seigneurie de Fosse assis en la paroisse du même nom près Marly la Ville, coutume de la Ville Prévôté et Vicomté de Paris, distant de sept lieues, consistant en moyenne et basse justice, fiefs, arrière-fiefs, droits de champart1, cour, sur cens, rentes, lots et ventes, saisies et amendes quand le cas y échoit, droits de trouver pied fourche, rouages, forages et autres droits seigneuriaux :
Un château flanqué de deux pavillons, bâtiment, grande cour, grand jardin derrière, basse-cour à côté du château, colombier à pied, logement de fermier, grange, bergerie, vacherie et autres bâtiments nécessaires, cent quarante-huit arpents et demi de terres labourables 2 en plusieurs pièces sur le terroir dudit Fosse et des environs, neuf arpents et demi de prés y compris un demi arpent dont les représentants Gilles Fouard payaient ci-devant huit livres de rentes par chacun an dans la propriété et jouissance duquel demi-arpent ledit Sieur Cousinet est rentré et a cédé la jouissance au fermier et aussi y compris vingt perches seize pieds sur le terroir de Bellefontaine,
une garenne contenant onze à douze arpents, une pièce de bois d’environ dix-sept arpents en la forêt de Coye au terroir de la Chapelle, vingt-neuf arpents trois quarts tant terres que prés en plusieurs pièces appelés l’ancien domaine de Mr Cousinet et généralement toutes les appartenances et dépendances de la terre et Seigneurie suivant que le tout est déclaré et spécifié par le bail et par l’acte d’aveu et dénombrement ci-après énoncé sans aucune exception ni réserve.
Plus le fief de Pompon sis au lieu de Fosse consistant en huit arpents de terres en cinq pièces, aussi détaillé eu un autre acte d’aveu et dénombrement contenant foy et hommage qui sera aussi ci-après énoncé.
Plus trois petites rentes foncières. Une de cinq livres deux sols à prendre sur une maison au lieu de Fosse à présent tenue par Nicolas Cernois demeurant à Bellefontaine, la deuxième de quatre livres due par Jacques de Voulges [3] pour une maison qu’il occupe audit lieu de Fosse et la troisième de vingt-cinq sols due par les héritiers Fautinet du lieu de Fosse.
Et plus la petite ferme, maison, jardin, terres et héritages situés au hameau de Thiers paroisse de Pontarmé près la forêt de Senlis, à la distance de deux lieues de Fosses, venant originairement des nommés Pierre et Grégoire Carré [4], actuellement tenus à ferme par Jean Moran laboureur audit lieu.

Outre la description du château, nous avons aussi une idée des terres composant la seigneurie et de leur dispersion géographique. Nous apprenons aussi que Survilliers était une baronnie dont dépendait le fief de Fosses.

Savoir ledit fief, terre et Seigneurie de Fosse de la baronnie de Survilliers et ledit fief de Pompon de la châtellenie de Luzarches et encore les Seigneurs chargés des droits et deniers seigneuriaux et féodaux tels qu’ils sont deux suivant la coutume de Paris.
Plus à la charge d’entretenir le bail fait de la ferme de Fosse à Jean Le Bègue [5]laboureur à Survilliers et Marie Pauterel sa femme, pour le temps qui reste à expirer du renouvellement que les dits Sieur et Dame vendeurs leur ont fait par acte passé devant ledit Dionis notaire le 9 mai 1722 en suite de la minute du dit bail qui est du 5 mai 1714 en la possession dudit Dionis notaire, le prix duquel renouvellement de bail à raison de quinze cent cinquante livres par an, de deux ans de gerbée d’avoine, de six douzaines de pigeons, une douzaine de petits poulets et quatre dindons, aussi par an.

Suite


[1Carte d’Intendance de 1779 ADVO 25 FI 48 page 28

[2CARAN cote ET/XLVIII.52 Maître Patu

[3Le nom de "de Voulges" figure dans les actes d’état civil de 1675 à 1873

[4Le nom de "Carré" figure dans les actes d’état civil de 1675 à 1843

[5Ceci explique pourquoi, bien que résidant à Survilliers, leur fils Jacques, décédé le 23 août 1726, a été inhumé dans l’église de Fosses