Fin du siècle

mardi 17 novembre 2015
par  Jean

Nous n’avons pas d’information sur la vie du village pendant la révolution ; on ne peut qu’imaginer la vie à partir des évènements historiques.Retour ligne automatique
Nous avons retrouvé le mécontentement exprimé par les Fossatussiens dans le Cahier de Doléances. Nous savons que Benjamin Constant, ce noble d’origine suisse qui se disait en ce moment cultivateur, avait été élu maire de Luzarches et qu’il fit détruire le château de Fosses sans doute durant l’été 1789, période nommée par les historiens " la grande peur ".

En janvier 1790 l’Assemblée définit le découpage de la France en départements, districts, cantons et communes. C’est aussi à ce moment qu’elle confia l’état civil aux communes. Nous verrons qu’à Fosses le mandat de maire avait été confié au curé de la paroisse, l’abbé Aubrey. Il semble qu’il conserva cette charge jusqu’en 1793, année à laquelle on trouve Louis Joseph Poquet en tant que maire, son père, Ely Poquet, étant chargé de l’état civil.

Au printemps 1792 la France déclare la guerre à l’Autriche qui soutenait les contrerévolutionnaires français émigrés. En septembre nos troupes sont défaites et le tocsin sonne sans arrêt à Paris. Pour fabriquer des canons les statues en bronze et les cloches des églises sont fondues. L’église de Fosses possédait 4 cloches et il n’en reste plus qu’une (classée aux monuments historiques le 27 avril 1944). Est-ce à cette occasion que les 3 autres ont disparu ? Celle qui demeure se nomme Jeanne Etiennette. Elle mesure 0,70m de haut et 65 cm de diamètre. Du côté de l’ouest est gravé un calvaire avec Ste Marie-Madeleine au pied de la croix. Côté Est un évêque et côté sud un écu ovale [1].

Presque un siècle s’est écoulé depuis le plan précédent. Bien que le plan d’intendance soit moins précis au niveau de la représentation des bâtiments on note quelques modifications. La plus notable est le déplacement du calvaire qui se trouve maintenant face au départ du chemin d’Hérivaux. On remarque aussi que la prairie de Rocourt est toujours vierge de bâtiment en face de l’église, seules quelques constructions apparaissent au carrefour avec le chemin de Marly à Fosses, actuellement rue de la Source. En agrandissant le centre de la carte on remarque que le château semble avoir perdu des bâtiments mais que les chemins sont presque à leur place actuelle.

1783 et 1784 furent des années noires à Fosses. La moyenne des décès était alors de 6 décès par an or il y en eut 12 en 1783 et 20 en 1784, soit 3 fois plus que la normale. C’est la plus forte mortalité observée entre 1733 et 1898. Quelle en fut la cause ?
On peut noter que l’année 1782 est réputée comme une année de famine et que l’hiver 82/83 fut glacial. Or on compte 8 décès entre janvier et avril 1783, dont 2 vieillards et un adulte. Il y a 9 décès d’enfants entre janvier et mars 1784 mais aucun adulte, et 11 décès seulement pour le restant de l’année, dont 1 adulte et 1 vieillard.
L’hiver 88-89 fut aussi très froid puisque la Seine avait gelé à Paris et que les températures restèrent négatives 56 jours durant, entre novembre et janvier.
Ces conditions météorologiques, qui entraînèrent des famines poussant le peuple à monter sur Paris pour demander du pain, jouèrent sans doute un rôle non négligeable dans le déclenchement d’une révolution déjà sous-jacente.