Jusqu’en 1832

mardi 17 novembre 2015
par  Jean

Nous n’avons que 2 documents relatifs aux guerres Napoléoniennes, ce sont les transcriptions des actes de décès de 2 militaires Fossatussiens :
Monge Louis Guillaume (un descendant du tout premier maître d’école connu) soldat au 4ème régiment de dragon, matricule 2281, est mort de maladie en Espagne à Penaranda le 16 octobre 1810 à l’âge de 24 ans.
Pelage Magloire, colonel d’infanterie, mort de fièvres malignes en Espagne à Estella le 7 avril 1810, à l’âge de 44 ans.
Nous avons cherché en vain des renseignements sur Monge, fossatussien de souche, mais le SHAT ne peut pas conserver les archives relatives à tous les simples soldats. Nous avons retrouvé la trace de l’épidémie ayant sévi à cette époque et dans cette région, mais rien d’autre.
Les recherches sur Pelage ont été plus fructueuses mais son passage à Fosses fut presque accidentel. Sa fille y est née le 18 février 1806 et on ne sait trop pourquoi son décès fut retranscrit le 17 avril 1810. Il est né en 1766 à Fort de France ; débutant comme simple soldat il a terminé colonel. Cinq fois blessé, 2 fois prisonnier des anglais, il fut gouverneur de la Grande Terre où il est considéré comme un héros (après sa mort les habitants versèrent une pension de 1800 Fr à sa famille). A 35 ans il épouse une jeune fille des îles de 18 ans. Réformé à 37 ans, il demeure à Paris mais demande à réintégrer l’armée. Il meurt en Espagne en 1810 de fièvre maligne ; il était alors officier supérieur d’état-major.
La vie sociale de Fosses, dans la période allant de la révolution à 1832, a été marquée par une personne hors du commun, Pierre Bourgeois [1]l.

Pierre Bourgeois fut à Fosses un "Personnage". Durant sa longue existence, 83 ans, on le voit paraître un peu partout, principalement comme témoin. Mon attention a été attirée par les divers métiers exercés.
Pierre Bourgeois est né à Marly la Ville le 15 janvier 1759. Sa mère se nommait Barre Marie Louise et son père, Jacques Louis, était maçon.
En 1789 à l’âge de 30 ans il épouse, à Fosses, Marie Geneviève Belleville.
Je suppose qu’il a vécu à Fosses, car en novembre 1792 il signe un acte d’état civil en tant que maçon et secrétaire de mairie ; en 1793, à la naissance de sa fille, il est greffier, fonction qu’il exercera jusqu’en 1795.
De 1796 à 1801 il signe plusieurs actes comme témoin en indiquant "Garde Champêtre".
En 1804 il est devenu arpenteur.
En février 1806 il est maçon pour redevenir arpenteur en mars de la même année, puis à nouveau maçon de septembre 1806 à février 1808 à l’exception de janvier 1808 où il se dit encore arpenteur.
En mars 1808 il se déclare instituteur(!) pour redevenir couvreur d’août à novembre de la même année.
D’avril 1809 à juin 1812 il redevient maçon.
Il figurera encore comme témoin sur 18 actes, alternant les professions de maçon et d’arpenteur, ce dernier métier figurant sur un acte de 1833 alors qu’il était âgé de 74 ans.
Il mourra le 9 décembre 1841 après une vie fort bien remplie. Son acte de décès indique comme profession "Instituteur" ! Son épouse lui survivra de 3 ans
Il est dit aussi qu’il a beaucoup payé de sa personne lors de l’épidémie de choléra de 1832, se dévouant pour soigner les malades et enterrer les morts.

1832, année funeste. Non pas parce que ce fut l’année de la première réunion du Conseil Municipal mais parce que ce fut l’année de "l’épidémie". Le printemps touchait à sa fin lorsque le choléra frappa. Il y avait environ 160 habitants à Fosses à cette époque et en 5 jours on enregistra 14 décès. Le maire de Luzarches, président de la circonscription sanitaire dont dépendait Fosses, demanda, lors d’une réunion, d’organiser une quête afin d’acheter les médicaments pour lutter contre l’épidémie.

Nous avons appris par les procès-verbaux des premières réunions du Conseil Municipal que Fosses fournissait tant en hommes qu’en argent la Garde Nationale dont le Bataillon Cantonal faisait partie.


[1AM Etat civi