Construction de l’hospice

jeudi 5 novembre 2015
par  Jean

Construire [1]. un hospice demande du temps, beaucoup de temps. Il faut d’abord trouver du terrain dans le village. Un lieu est choisi, au coin de la rue d’Aval et de la rue Jean Lermite. En 1701, les 5 et 8 avril, deux maisons sont achetées pour 560 livres. Mais il faudra attendre le 26 novembre 1745 pour pouvoir acheter les jardins et granges attenantes, pour une somme de 350 livres, et atteindre la surface nécessaire à la construction.

Mais voilà, il n’y a plus d’argent pour construire. Heureusement, le seigneur de l’époque, Etienne Charles Félix Lallemant de Nantouillet, est à la fois riche et généreux. Il donne 7000 livres pour la construction, même si celle-ci n’en coûtera que 6000.

En 1747, sous Louis XV, le bâtiment est enfin terminé. Mais il faut l’équiper. Il faut créer une pharmacie, acheter des médicaments, payer du personnel (les sœurs n’étaient pas gratuites). Mr de Nantouillet interviendra encore et, petit à petit, c’est presque 11 000 livres qu’il va débourser. Il fera construire à ses frais l’apothicairerie (pharmacie), achètera les médicaments, prend en charge le salaire d’une sœur et le coût de fonctionnement pour un lit.
Que s’est-il passé entre temps ? Nous ne savons pas trop. L’hospice, en tant qu’institution, fonctionnait sous la direction d’une commission Marlysienne, mais les bâtiments devaient sans doute être toujours situés à St Ladre. On peut supposer que, grâce aux dons de Danès, les réparations les plus urgentes avaient été effectuées, mais, là encore, c’est une pure hypothèse.
Il ne faudrait pas croire que l’hospice était un grand bâtiment ; il était tout petit puisqu’il ne comportait que 4 lits, mais, à cette époque, il était courant de mettre 2 malades par lit si nécessaire ! De plus, l’hospice était très sélectif ! Il n’admettait pas les contagieux [2] ni les femmes enceintes.
L’hospice de l’époque, comme on peut le voir sur le plan ci-après, n’était pas implanté à la place actuelle. Il était en bordure de la rue d’Aval et l’actuelle rue Jean l’Ermite était plus étroite. Ce plan représente le premier hospice de 1747 ; il a été dressé en 1863, nous verrons plus loin à quelle occasion.
Trois religieuses de l’ordre des Filles de la Charité suffisent à en assurer le fonctionnement, intendance, soins aux malades et école des filles etc.
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[1La construction de l’Hospice est détaillée dans un arrêt de parlement de 1760, CARAN cote S 6170

[2Règlement intérieur de l’Hospice


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