Les Seigneurs

lundi 16 novembre 2015
par  Jean

Nous connaissons peu de choses sur les seigneurs de Fosses.
Au XIIIème siècle La paroisse dépendait de plusieurs propriétaires. Une partie appartenait au Domaine Royal, Philippe Auguste en ayant concédé une partie à Jean de Gisors. L’Evêque de Paris y possédait des fiefs et arrières-fiefs et en 1285 les templiers en avaient acquis 16 arpents. (Lebeuf)
A la fin du règne d’Henri IV, le seigneur de Fosses était Pierre Mercier, Lieutenant Général du baillage de Clermont en Beauvaisis ; à ce titre il présidait le tribunal du baillage. Il était marié avec Marie CHOART.
Pierre Mercier meurt le 18 septembre 1617 et il est inhumé dans l’église de Fosses près du reliquaire (Lebeuf). Sa pierre tombale, qui avait disparu pendant plusieurs décennies a été retrouvée ; elle a été remise depuis peu dans l’église.

















Le premier acte que nous avons trouvé est daté de 1661 ; c’est l’acquisition du fief de Fosses par Nicolas Quignon en indivision avec son gendre Pierre Buray [1]. La famille Quignon était une famille de riches marchands.

Nicolas Quignon l’avait achetée en 1661 pour moitié par indivis avec son gendre Pierre Buray marié avec Anne Quignon. Après son veuvage, celle-ci fit donation de la Seigneurie de Fosses à sa soeur Marguerite femme de Hiérosme Cousinet. L’acte du 29 juillet 1693 [2] passé chez Me Thibert précise que ce legs comprenait le château, la vaisselle d’argent, les meubles et les terres. Veuve sans enfant, la donatrice disposa de son patrimoine pour avantager sa soeur et ses neveux. Toutefois, elle désira conserver le titre de Dame de Fosses et demanda en contrepartie 1 200 livres de rentes annuelles plus une petite part des récoltes.

La famille Cousinet appartenait au monde des avocats, notaires et secrétaires du Roy.

Appartenir au collège des Secrétaires du Roi procurait de nombreux avantages comme l’exonération de certains impôts. Ils n’étaient pas tenus d’héberger les gens de guerre et seul le parlement pouvait les juger. Leur rôle consistait à rédiger, expédier et sceller les actes royaux. La charge, vénale et transmissible, conférait la noblesse, ce qui la rendait fort attrayante et Louis XIV ne se priva pas d’en créer afin de renflouer les caisses de l’Etat tout autant sollicitées par les guerres que par l’extravagant train de vie de la Cour à Versailles. Louis XIV usa et abusa de ce moyen de gagner de l’argent, créant ainsi une nouvelle noblesse : la noblesse de robe. L’ancienne noblesse, la chevaleresque, baptisa ironiquement ce mode d’accession : "la savonnette à vilains" [3]

Hiérosme Cousinet, déjà propriétaire du fief de Vaugeux, petite seigneurie d’un arpent, située au terroir de Fosses dans le Val d’Oise, prit le titre de Seigneur de Fosses. Après son décès survenu en 1718, son fils Louis hérita par droit d’aînesse des fiefs de Vaugeux et de Fosses. Quelques mois plus tard, il rendit l’âme à son tour après avoir fait donation de ses possessions à son frère Jérôme-Gabriel.


Jérôme-Gabriel Cousinet rendit foy et hommage au seigneur de Survilliers et au Duc de Bourbon [4] ses suzerains, entériné par acte du 24 septembre 1718 passé chez Me Dionis. Jérôme-Gabriel Cousinet mourut à Paris le 18 juillet 1749 à l’âge de 75 ans.

Henry Petit, Sieur de Trousseau, de la Villonnière achète le fief, les terres et la seigneurie de Fosses, pour 50 000 livres par acte du 22 avril 1730.

Le Pileur de Brevannes par son mariage avec Anne-Marie de la Villonnière en 1737.

Antoine Pierre Letourneur, Marquis
Il achetât la seigneurie au Pileur de Brevannes en 1779. 10 ans plus tard son fils Alexandre, âgé de 6 ans, a été enseveli dans la Chapelle de la Vierge le 15 mars 1789.
Antoine Pierre Letourneur était né le 30 juillet 1746. Son père, Jean Baptiste, était conseiller du Roy, intendant du commerce, conseiller au Parlement secrétaire du Roy et bien d’autres titres en plus. A l’âge de 15 ans, il est reçu Mousquetaire à cheval à la garde ordinaire du Roy Louis XVI, puis du comte de Provence, frère du Roy et futur Louis XVIII.
A la révolution il fait partie des émigrés et combattra contre Napoléon. Après la chute de l’empire (6 avril 1814), il revient en France et combattra à nouveau Napoléon à Gand en 1815.
Certainement tombé en disgrâce, ruiné par la révolution, le lieutenant général Letourneur, seigneur de Fosses, vivra assez misérablement jusqu’à sa mort en juin 1824.
Suite


[1CARAN cote Z2 1049

[2CARAN cote V2 63

[3CARAN Répertoire numérique Grande Chancellerie Tome 1er V/1

[4CARAN cote ET/III.837, 838 Maître Dionis


Navigation