Quelques évènements

mardi 17 novembre 2015
par  Jean

De temps en temps la monotonie de la vie du village était rompue par quelque évènement.

Par exemple, en 1752, le 23 mai, eut lieu le baptême des cloches de l’église. En voici l’acte [1] :

L’an 1752 le 23 may ont été bénies en grande pompe et magnificence les quatre nouvelles cloches de cette église par nous soussigné Louis Petit chanoine régulier prieur du prieuré Royal de Saint Maurice de Senlis, représentant le révérendissime père Blaise du Chesné abbé de Sainte Geneviève de Paris.
La première a été nommée Jeanne Etiennette par Messire François Henri Petit de Villoniere, conseiller du Roy en sa Cour de Parlement, Seigneur de Fosses et par Dame Jeanne Brudel son épouse, représentés par Messire Gabriel François Lozanne prieur de Fosses et Demoiselle Marie Françoise Rince Liotter, sa nièce fille de Messire Claude Liotter Notaire Royal et Procureur Fiscal de Fosses demeurant à Luzarches.

La seconde a été nommée Marie Elizabeth Vit Modeste par Messire Jean Baptiste Pierre Antoine Letourneur Seigneur du fief Letourneur sis audit Fosses fils de Messire Jean Baptiste Letourneur conseiller du Roy en sa Cour de Parlement et intendant du commerce, Demoiselle Marie Elizabeth de Clairambault représentés par Messire Remy Chossin bourgeois de Paris y demeurant vieille rue du Temple, et Demoiselle Marie Charlotte Leconte fille mineure du Sieur Louis Leconte marchand bourgeois de Paris y demeurant rue Sol au Conte.

La troisième a été nommée Marie Crescence Nicolle par Messires les Prieurs Chanoines réguliers du Châpitre de l ’Abbaye de Notre Dame d ‘Hérivaux représentés par le dit Messire Claude Liotter leur Procureur Fiscal demeurant à Luzarches.

La quatrième a été nommée Nicolle Geneviève par Messire Nicolas Delafosse Chanoine régulier prieur curé de cette église par les soins duquel les quatre susdites cloches ont été fondues et la bénédiction faite par nous susnommé en présence de Messire André Nicolas Raulet Chanoine régulier prieur curé de la paroisse de Marly la Ville, de Messire Joseph Pâtez curé de la paroisse du Plessy les Vallées et de plusieurs autres qui ont signé avec nous le présent acte les jour et an que dessus.

Les inspections de l’Archidiacre

Périodiquement les paroisses étaient inspectées par leur hiérarchie et des registres retracent ces visites. Au 18ème siècle, elles étaient effectuées par l’archidiacre de Paris, Jean Baptiste Gabriel le Corgne de Launay dont nous trouvons la signature dans les actes paroissiaux [2].

Le registre mentionne, lors de la visite du 27 août 1762, le bon état des vases, linges et livres, mais l’ornement noir est fort usé et doit être changé. Les fonds de baptêmes ont besoin d’une réparation car la pierre est cassée laissant à découvert une partie de la cuvette. Le maître d’école (Nicolas Dominique GUILLERME) est payé 50 livres par an par la fabrique dont les revenus se montent à 250 livres annuels. Le seigneur est Petit de la Villonière et la paroisse compte 120 communiants.

Une autre visite a eu lieu le 27 juillet 1766 ; elle signale le bon état de tout ce qui concerne le service divin et la bonne tenue des comptes. Nous apprenons que le maître d’école (Elie Pocquet), qui professait auparavant à Bellefontaine, donnait satisfaction au prieur curé Delafosse et l’archidiacre note que les enfants ont bien répondu à ses questions.

La dernière visite que nous avons trouvée date du 4 septembre 1770. Il est dit que la couverture du presbytère nécessite quelques réparations, que les enfants sont très instruits (sic) par le maître d’école en place depuis 4 ans. On y apprend le décès de Mr Le Tourneur, seigneur de Fosses, qui a légué par testament des rentes annuelles de 100 livres pour "l’instruction gratuite des enfants", 180 livres pour le "soulagement des pauvres malades" et 80 livres pour dire des messes. [3]. Il est aussi mentionné l’heureuse surprise de l’archidiacre qui s’est rendu à Hérivaux pour la première fois.

Ces visites étaient craintes car l’Archidiacre inspectait tout. L’état du bâtiment, des habits sacerdotaux, du cimetière et, peut-être surtout, les comptes de la fabrique [4] tenus par le marguillier.


[1AM Etat civil

[2Archives Historiques de l’Archevêché de Paris ( AHAP)

[3Ces dons, appelés fondations, étaient fréquents. Ils étaient sensés participer au repos de l’âme du donateur

[4on dirait de nos jour la comptabilité


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