La vie rurale

mardi 17 novembre 2015
par  Jean

(Sauf indication contraire les informations proviennent des procès-verbaux des réunions du Conseil Municipal)

Voies de communication :

L’entretien des chemins vicinaux incombe à la commune et semble représenter une charge importante. Le sujet est souvent abordé dans les conseils. Le principe de la corvée, commune sous la royauté, reste en vigueur puisque certains habitants sont désignés pour consacrer une journée de travail en été pour cet entretien. (Plus tard, 1932, les chômeurs seront affectés à l’entretien des trottoirs)
Dès 1856 le projet de création d’une gare sur la ligne de chemin de fer est à l’étude. Mais Luzarches, citée beaucoup plus importante, dotée d’un artisanat conséquent était aussi en lice. Fosses l’a emporté et certains disent que le choix final a été influencé par les bourgeois parisiens ; ceux-ci venaient chasser le dimanche à Mortefontaine, et Fosses était plus pratique pour eux. En 1859 la gare est mise en service sous le nom de Survilliers-Mortefontaine. Mais la gare ainsi nommée se trouve sur le territoire de la commune de Fosses. Il faudra 67 ans de démarches pour que, en 1926, la gare soit renommée Survilliers-Fosses.
En plus de la gare c’est en 1909 que se crée la ligne d’autobus Survilliers – Luzarches – Persan Beaumont.
En 1903 il avait été question de créer un tramway Luzarches Survilliers.
Anecdote :
Le 17 juillet 1925, le Maire M. BAZIN, décide : " de fixer à la moyenne horaire de 12 km la vitesse de tous véhicules et surtout des automobiles sur le territoire et de défendre expressément aux automobilistes de doubler dans les traversées du village"

Education et social :


Ces 2 sujets ont toujours été une préoccupation pour nos édiles. Nous avons été surpris du nombre d’indigents dans une aussi petite commune mais il ne faut pas oublier l’héritage des guerres Napoléoniennes, les éclopés, les mutilés, les veuves qui s’ajoutaient aux infirmes que je qualifierai de classiques, aux accidents du travail etc. Tout cela expliquait le nombre important de pauvres dont la municipalité se devait de tenir compte.
C’est ainsi que, souvent, des demandes d’aide sont formulées sous diverses formes : gratuité de l’école, subventions à l’orphelinat hospice de l’hôpital de Luzarches dont Fosses dépendait. Parfois la commune se substituait à l’indigent pour payer l’hospice et nous avons aussi trouvé des demandes de fourniture de layette, de vêtements, de nourriture etc.
La guerre de 1870 viendra encore augmenter le nombre de nécessiteux et c’est ainsi que, en 1887, on dénombre 24 personnes secourues alors que la population était de l’ordre de 200 habitants. En 1887 le conseil vota un supplément de salaire de 100 FR afin que l’instituteur accepte de donner des cours aux adultes.
L’éducation était dispensée par un maître d’école assisté par la suite d’une maîtresse en couture et travaux d’aiguilles. L’école se tenait dans la sacristie jusqu’en 1841 ; elle fut alors transférée dans une pièce de 30 m2 que je n’ai pas pu situer ; cette salle deviendra une épicerie en 1848 après le transfert de la salle de classe dans un bâtiment, récemment détruit, à l’angle de la Grand Rue et de la rue de la Mairie jusqu’en 1884. Cette année-là, la construction d’une nouvelle école est envisagée pour un coût de 27 995.66 FR, terrain compris, le financement étant assuré par un emprunt sur 25 ans. En 1887, inauguration de la nouvelle école, il s’agit de l’ancienne mairie au vieux Fosses qui abrite actuellement les services techniques. Une salle servait de mairie. L’ancienne école-mairie a été vendue en 1888. Est-ce cette éducation qui permettait à nos édiles de rédiger des courriers tels que :
Lettre à Louis Napoléon.

A son Altesse Impériale Monseigneur le Prince Louis Napoléon Président de la République Française,
Monseigneur,
La commune de Fosses, canton de Luzarches, arrondissement de Pontoise, département de Seine et Oise, représentée par son Conseil Municipal, n’ayant pas eu comme tant d’autres localités, le bonheur de vous posséder, vient déposer aux pieds de votre altesse impériale ses voeux et ses hommages.
L’acte du deux décembre, en écrasant l’anarchie, a donné à votre altesse le beau nom de Sauveur de la France, en rehaussant la religion, en faisant respecter la famille et la propriété, a captivé tous les coeurs.
Continuez, Prince, une oeuvre si bien commencée ; mais pour donner à votre gouvernement, toute la stabilité nécessaire, la commune de Fosses reconnaissante, en s’unissant aux nombreuses populations que vous avez visitées, émet le voeu que désormais, votre altesse soit revêtue du titre d’Empereur ; de plus le conseil prie le seigneur du ciel d’agréer ses voeux en votre faveur, de vous prendre sous sa protection et de vous accorder une longue et heureuse prospérité au milieu du peuple français.

Fait à la mairie de Fosses, le 15 octobre 1852.
Signée : Gallet, Vignard, Pierre, Mongé, Louvet, 2 illisibles.

Clochemerle à Fosses

Comme dans tous les petits villages on retrouve quelques histoires dignes du roman de Chevallier. Une en particulier opposa la municipalité à un Fossatussien pendant plusieurs années.
Nous sommes vers 1860. A l’arrière de l’église une sacristie existait alors et se situait sur l’actuelle cour de la maison appelée " Prieuré ". Monsieur L., qui habitait cette maison, avait depuis semble-t-il longtemps pris l’habitude d’utiliser le grenier de la sacristie pour son usage personnel.
Voici ce que nous avons trouvé dans le rapport de la délibération du 19 août 1860 :
" L’an mil huit cent soixante, le dix-huit août, le conseil municipal de la commune de Fosses convoqué extraordinairement en vertu de l’autorisation de Monsieur le Sous-Préfet de l’arrondissement de Pontoise en date du treize août courant et réuni sous la présidence de M. le Maire où siégeaient Mrs. DURU Maire, MONGE, GALLET, LECOMTE, FREMONT, VIGNARD, Mr. GAYANT, Mr.BARSON, quoique convoqué régulièrement n’a pas paru à l’assemblée.
Mr. Le Maire ayant déclaré la séance ouverte a aussitôt donné lecture au Conseil Municipal de l’Autorisation précitée en substance qu’il y a lieu de prendre par le Conseil Municipal, une délibération tendant à être autorisée à poursuivre judiciairement M.L., cultivateur en cette commune en revendication du grenier de la Sacristie de l’Eglise dont il s’est indûment emparé.
Considérant que la Sacristie de l’Eglise faisant corps avec la dite Eglise sans contiguïté aucune avec d’autres bâtiments de quelque nature qu’ils soient ;
Considérant que la commune ne peut se rendre compte à quel titre M. L.. a pu prendre possession du grenier de la Sacristie dont il s’agit, il résulte pour la commune la nécessité de le mettre judiciairement en demeure de prouver par titres authentiques les droits qu’il déclare avoir à la jouissance et même à la propriété de l’immeuble dont il s’agit ;
Considérant que l’argument qu’il objecterait sur ce qu’il y avait aussi une porte de la Sacristie qui donnait issue dans sa cour, cette objection ne pourrait constituer un précédent valable à l’appui de ses prétentions, en ce sens que cette porte n’était pratiquée que pour faciliter l’entrée de l’Eglise à Mrs. Les curés dont la maison de Mr. L.. était autrefois le presbytère, que Mr. CHESSU, ancien Maire de cette commune a fait boucher cette porte il y a environ vingt ans, pour le fait que le presbytère était changé de destination, la porte dont il s’agit devenait sans objet et perdait sa raison d’être d’où il importe d’assimiler à cette même raison la lucarne aujourd’hui objet de litige entre lui et la commune ;
Considérant en outre que la commune a toujours entretenu la toiture de la susdite Sacristie de la même manière que les autres parties de l’Eglise et que M. L.. n’a jamais fait, ni payé aucune de ces réparations à quelque titre que ce soit.
Par ces motifs,
Est d’avis que la commune soit autorisée à intenter une procédure à Mr. L.. , aux fins de récupérer la jouissance et la propriété du grenier de la Sacristie de l’Eglise et de le faire condamner à reboucher la lucarne qui donne issue de ce grenier dans sa cour, ou la commune à être autorisée à la reboucher elle-même ;

Fait et délibéré en séance les jours, mois et an que dessus, Signé : MONGE, LECOMTE, GUYARD

Une autre querelle de clocher, dont je ne donnerai qu’un résumé, a opposé pendant plusieurs années, à partir de 1889, les municipalités de Fosses et de Bellefontaine.
La paroisse de Fosses était desservie par un curé logé au presbytère de Bellefontaine, village dont la municipalité demandait à la nôtre un loyer de 200Fr par an. Refus parce que " le curé ne desservait Fosses que fort rarement et ne se déplaçait que pour les cérémonies payantes ". En avril 1893 le Préfet somme Fosses de régler ce loyer ce qui provoque la démission du Conseil Municipal