Famille Budé

jeudi 19 novembre 2015
par  Jean

Famille BUDE

Seigneurs d’Yères, de Villiers-sur-Marne, de Marly-la-Ville,
de Fleury, de Vérace, de Boisy et de Ferney,
Comtes de Montréal, barons de Monfort, etc
En Ile de France, en Champagne et au pays de Gex.

Armes : D’argent, au chevron de gueules, accompagné
de 3 grappes de raisin.
D’azur, tigées et feuillées de sinople.
Vécu timbré d’une couronne de marquis.
Tenants : deux sauvages.


La maison de Budé s’est établie à Paris sous le règne de Charles V [1]

Jean BUDE fut anobli en 1399 par lettres patentes signées à Maubuisson.
Dreux BUDE, fils de Jean et d’Isabeau LEBIGEOIS, est né à une date inconnue. Il devient seigneur de Marly-la-Ville en 1463 par achat à Jean de Chatillon . Il était secrétaire du Roi, notaire, garde des chartes et titres du Roi, grand audiencier de la chancellerie en 1452, élu prévôt des marchands le 19 août 1452 il sera réélu. Exécuteur testamentaire de Charles VII, il était encore vivant le 15 septembre 1474. Il était marié avec Jeanne PESCHART le 29 juin 1422.

Son fils Jean BUDE devint ensuite seigneur de Marly-la-Ville ; marié à Catherine le PICART de PLATEVILLE en 1454, ils eurent 15 enfants dont le cinquième, Guillaume BUDE qui fut l’auteur de la branche des seigneurs de Marly-la-Ville .

Guillaume BUDE, seigneur de Marly-la-Ville , était né en 1467. Le 21 août 1522, il fut nommé conseillé du Roi, maître des requêtes ordinaires, bibliothécaire de sa majesté et, la même année, prévôt des marchands de Paris. Il était réputé pour être l’homme le plus savant en France en littérature et en langues anciennes. Il meurt le 26 août 1540 et est inhumé en l’église Saint Nicolas des Champs. De son mariage avec Roberte le Lieur, en 1503, il aura un fils, Dreux qui sera le dernier à porter le titre de Seigneur de Marly-la-Ville.

Formé très jeune par de bons précepteurs, il entama des études de droit à Orléans. Il ne fit que d’infime progrès en 3 ans et revint auprès de son père mener une vie de loisirs. La chasse, la meute de chiens et les beaux chevaux étaient ses occupations préférées.
A l’âge de 24 ans il réalisa la vanité de sa vie et se lança à corps perdu dans les études. Il perfectionne le latin, apprend le grec, fréquente des érudits de l’époque tel Hermonyme de Sparte ou Jean Lascaris (un phrygien). Il ne négligea pas pour autant les mathématiques, servi par une prodigieuse mémoire alimentée de nombreux exercices.
Une anecdote illustre ce bourreau de travail. Le jour de ses noces, il admit ne travailler que 3 heures.

Ce faisant, il tomba malade. Il souffrait, en autres, de maux de tête que les médecins de l’époque essayèrent de guérir en brûlant la peau de crâne au fer rouge !
Louis XII lui confia une mission à Rome pour l’avènement de Jules II. A son retour il fut nommé Secrétaire du Roi" et refusa une charge de Conseiller au Parlement qui lui aurait pris trop de temps sur ses études.
Il dut pourtant accepter de nombreuses missions sous François 1er. Lors d’un voyage avec le Roi, à Lyon, il s’enfuit. François 1er le fit rechercher et, loin de se fâcher, lui octroya une charge de maître des requêtes. En outre, il fut élu prévôt des marchands.

Ces charges étaient très prenantes et ne correspondaient pas à ses aspirations. Alors, peut-être pour compenser, il inspira à François 1er l’idée de créer une bibliothèque à Fontainebleau, ancêtre de la Bibliothèque Nationale, dont il fut nommé garde.
Dès le début de son règne, François 1er le chargea de missions diplomatiques. La renommée de Budé était telle que bien des portes s’ouvraient devant lui.

De retour en France, loin de le laisser tranquillement à ses études, il devait accompagner le Roi dans presque tous ses déplacements. C’est ainsi qu’il se retrouve à l’entrevue du Drap d’Or.

Il dut insister plusieurs années avant de voir réaliser la promesse du Roi de construire une grande école, et ce fut en 1530 pour que le Collège de France commence à émerger de façon fort modeste. Il faut dire que l’Université de Paris, qui avait le monopole de l’enseignement, ne voyait pas d’un bon œil cette novation. C’est donc de façon fort discrète que débute l’Institution des lecteurs royaux qui deviendra Collège de France au XVIIème siècle. Les bâtiments modernes seront construits au XVIIIème.

Un des premiers professeurs de grec, en 1530, se nommait … Pierre Danès.

Juillet 1540, l’été est torride, Guillaume Budé va sur 73 ans. Le Roi décide d’aller chercher la fraîcheur en Normandie en se faisant bien sur accompagner de son vieux secrétaire. Mais le mauvais temps succède à la chaleur tropicale et Budé est pris de fièvre. Ramené à Paris sur sa demande, il meurt dans sa famille le 20 août 1540. Toujours original, il avait demandé à être enterré de nuit et sans cérémonial.


[1.Vie de Guillaume Budé par Eugène Budé, 1884 BNF