Origines

mardi 3 novembre 2015
par  Jean

Loin dans le temps

Grâce aux sites de reconstitution archéologique, comme celui de Samara, nous savons que l’homme occupait le nord de l’Ile de France depuis fort longtemps. Parcourant la campagne, il vivait de chasse et de cueillette et s’abritait sous d’éphémères huttes. C’était 12 000 ans avant notre ère.
Vers l’an -4 500, débute la sédentarisation. Les groupes étaient plus importants et la maison, pouvant atteindre 28 mètres de long, était bâtie en torchis avec un toit à double pente en roseau ou en chaume.

M. Moriceau nous apprend que nos villages sont situés dans une zone privilégiée. La nature du sol et les conditions climatiques sont particulièrement favorables à la culture des céréales dans une région allant de Versailles à Senlis et de la Ferté Milon à Melun. La partie la plus favorable se situerait au nord De St Denis, autour de Gonesse, Louvres, Roissy, Ecouen et Luzarches.
Les documents traitant des cultures sont rares avant l’an 1000. Mais il est quasiment certain que, outre les céréales, se trouvaient aussi des légumes, des arbres fruitiers ainsi que de l’élevage. Il est aussi avéré que le moindre vallon était planté en vigne et que la production de vin était loin d’être anecdotique. Le terroir était peu organisé, les seigneurs étant plus enclin à guerroyer entre eux qu’à gérer leur domaine.

Un texte du 14ème siècle, qui se trouve à la Bibliothèque Nationale, écrit par Raoul de Presles, (1316 - 1382) secrétaire de Philippe le Bel, nous donne quelques indications sur la région vers l’an -700, à l’âge de fer.
La topographie de la région était fort différente de celle de maintenant car le retrait des eaux n’était pas terminé. La région située au nord de Paris était une suite de lacs et de marais, la vallée de Montmorency était encore noyée. Les petits ruisseaux que nous connaissons de nos jours étaient de petites rivières impétueuses, pas toujours faciles à traverser à l’époque.
La Seine était déjà une voie de navigation pour des bateaux à faible tirant d’eau, capables de passer sans s’échouer sur les bancs de sable. La construction de ces navires posait problème aux habitants locaux. Or, une population vivant sur les bords du Rhin, les Sicambres, maîtrisait cette technique. Ils furent donc appelés à l’aide et c’est ainsi qu’un groupe d’ouvriers rhénans vint dans notre région sous la conduite d’un certain Ybon.
Le groupe partit à la recherche d’un lieu propice à la construction de ces navires appelés "Pars". Il leur fallait trouver une région boisée, pas trop loin d’une source de minerais de fer et communiquant avec la Seine par voie d’eau.
Cette carte représente la région en 1598, soit 2300 ans après la venue des Sicambres. Les zones noires représentent les lacs ou étangs tels qu’ils existaient encore lors du tracé de la carte.
Nous avons grisé les terrains qui devaient logiquement être sous les eaux à l’époque d’Ybon. Pour déterminer ces emplacements, nous avons utilisé les indications portées sur la carte ; en deux endroits nous trouvons l’indication "vieille mer". Il est certain que nous avons volontairement sous-évalué la surface des zones inondées car les cours d’eau devaient être beaucoup plus importants du temps d’Ybon et les différents lacs ou étangs devaient se rejoindre.
Au nord de Paris se trouvait un lac, qualifié de "mer d’eau douce" par Raoul de Presles, et ce lac communiquait avec la Seine. Une petite rivière venant du nord s’y jetait, la Crou.
La carte ci-contre, datant de 1598, confirme ces indications.

En remontant cette rivière, les Sicambres arrivèrent dans notre région qui était proche de la forêt d’Halatte et de ses arbres, avec un peu de minerais de fer à Montmélian.
Ils s’installèrent dans un repli de terrain qu’ils nommèrent "l’Ons Crou" et serait tout proche de l’actuel Marly-la-Ville.
Ils purent ainsi commencer la fabrication des Pars. Si les principaux problèmes d’approvisionnement en bois et en fer étaient résolus, il fallait aussi des cordages de chanvre, alors dénommés des "Chaa". Or la région était généreuse puisque, à peu de distance, le chanvre poussait en abondance. Il suffisait de le cueillir puis de le tresser pour obtenir ces "Chaa" en un lieu baptisé "Chaalis". (Peut-être que, par la suite, "Chaa" deviendra "Châble", puis "câble")
Il était fréquent que des membres de l’équipe doivent aller à pied vers Paris et un affluent de la Crou gênait le passage. Un pont fut construit par Ybon ; ce pont fut appelé "Pont d’Ybon" qui deviendra le "Pont-Yblon" actuel.
Une telle activité ne pouvait qu’attirer les pillards. Il fallut se protéger, surveiller le rivage du "Luh Zar" (Ysieux ?) depuis la Duguesse, vers l’est, des guetteurs furent placés aux "Guespelles" et on surveillait le nord à … Survilliers.
Une seule chose manquait, un bois bien dur. Ybon partit en exploration sur la vallée noyée de Montmorency. Il trouva une forêt de cormes qu’ils appelaient "Cormey" et il fonda une exploitation à Cormeil. Pour évacuer le bois, il installa un port sur une belle place de sable (Sand dans leur langue) et baptisèrent ce port "Sandnoé", qui deviendra Sannois.
Je me suis inspiré du texte de Raoul de Presles pour donner une hypothèse sur l’origine de certains noms locaux. L’ancienneté du texte n’en garantit pas l’exactitude mais il fait montre d’une logique certaine et les cartes du XVIème siècle ne viennent pas contredire son récit.
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