Origines

lundi 2 novembre 2015
par  Jean

Origines

Parmi tous ceux qui sont revenus des croisades, certains n’étaient pas en très bonne santé. Ils avaient, en plus des divers trophées et reliques, ramené une terrible maladie, la lèpre.
La lèpre existe sous plusieurs formes, certaines étant contagieuses ; elle était incurable à l’époque, rongeant petit à petit le corps du malade mais lui permettait de mener une vie quasi-normale, jusqu’à la phase terminale. La seule solution pour éviter la contagion était le confinement des personnes atteintes, formant ainsi une société de proscrits qui, la religion aidant, s’était mis sous la protection de Saint Lazare. C’est ainsi que les bâtiments réservés aux lépreux prirent le nom de Lazaret, parfois dénommé Saint-Ladre
Ce ou ces bâtiments, suivant l’importance, se trouvaient situés en dehors de la ville. La maladie étant incurable, il n’y avait pas de soins à proprement parler. Les malades n’y étaient pas entièrement cloîtrés car la contagion se faisait par le contact. Ils pouvaient sortir en étant entièrement recouverts de vêtements, ne pouvaient toucher aucun objet si ce n’est qu’à l’aide d’un bâton car le bois ne transmettait pas la maladie. Mais cette apparente liberté était restreinte par de nombreuses interdictions. Le Lépreux devait observer des règles très strictes ordonnées par le Roi. Il ne devait pas se rendre dans les lieux d’affluence [1] , devait être entièrement couvert, porter des gants, en un mot il devait éviter tout contact direct ou indirect avec quoi que ce soit. L’imagerie du moyen-âge représente le lépreux s’annonçant à l’aide d’une crécelle. C’est certainement vrai mais nous n’avons trouvé aucun texte imposant cette mesure.
Le fonctionnement et l’administration étaient assurés par les moines de l’ordre de Saint Lazare, fondé à Jérusalem vers 1120 et dont les membres concernés étaient souvent eux-mêmes atteint de la maladie ;
La lèpre régressa en France durant le XIVème siècle dépeuplant les maladreries qui, petit à petit, se transformèrent en hôpital et maison de refuge pour les indigents.
Les maladreries de l’Ile de France dépendaient de l’évêché de Paris jusqu’en 1556 date à laquelle Charles IX les rattache à l’Hôtel-Dieu de Paris. Plus tard, en 1672, un édit royal les rattachera à l’ordre de Saint Lazare de Jérusalem et du Mont Carmel.
Ces lazarets étaient nombreux ; Luzarches avait le sien depuis 1190, Louvres aussi ainsi que La Chapelle en Serval et un autre se trouvait sur les terres de la paroisse de St Witz sous Montmélian. Ce dernier concerne notre histoire.
La date d’édification de "notre" Lazaret est incertaine. Une lettre du maire de Marly, en 1822, indique l’époque de la Reine Blanche, donc vers 1225. Mais un document [2] parle de la maladrerie de Survilliers dès 1164. Sa construction serait donc antérieure à cette date.
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[1Pourtant ils pouvaient assister à la messe. Le marguillier de Luzarches devait longuement sonner les offices afin qu’ils aient le temps de rejoindre l’église. (Histoire de Luzarches page 35)

[2Cartulaire de l’ordre de St Lazare et ND du Mont Carmel CARAN cote : MM 210


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